Hesperian Health Guides

Besoins fondamentaux

Dans beaucoup de communautés, ce sont les femmes qui sont chargées de satisfaire la plupart des besoins fondamentaux de leur famille : elles cultivent la plupart des aliments que consomme la famille, les préparent, vont chercher l'eau, gèrent la maison, maintiennent la propreté du logement, et essaient de garder la famille en bonne santé.

une femme cuisine sous un abri situé à côté d’une tente où vit une famille nombreuse

Alimentation

Beaucoup de femmes réfugiées et déplacées ne mangeaient pas assez avant leur fuite, ni pendant leur voyage. Arrivées au lieu de réinstallation, elles ne trouvent pas nécessairement de quoi manger suffisamment non plus, à moins que ce soit un manque de variété dans aliments consommés qui ne leur permette pas d’avoir une nutrition correcte.

La malnutrition est l'une des principales causes de mort chez les femmes réfugiées et déplacées.

Dans ces cas, vous pouvez manger mieux en :

  • participant à la distribution de la nourriture. Celle-ci devrait être donnée directement aux femmes, parce que les hommes sont généralement moins au courant des besoins alimentaires de la famille. De plus, les femmes ont plus tendance à effectivement nourrir leur famille avec les rations reçues, au lieu de les échanger contre des armes ou de l’alcool ;

des femmes et un homme font la queue devant un camion chargé de grands sacs de haricots qu’un homme distribue un à un

  • exigeant que les femmes reçoivent la même quantité de nourriture que les hommes, et qu’elles mangent en même temps qu’eux ;
  • exigeant un supplément de nourriture pour les femmes enceintes, qui allaitent, qui sont malnutries ou qui sont malades ;
  • veillant à ce que les femmes aient des casseroles et des ustensiles de cuisine ;
  • partageant les tâches liées à la cuisine avec d’autres femmes. Même si les repas sont préparés dans un endroit central, les femmes peuvent rester impliquées. Cela leur permettra d’exercer un certain contrôle sur l’alimentation de leur famille.
Même dans les situations d’urgence, les distributions alimentaires devraient se faire avec la participation des femmes. Ceci pour honorer le Ceci honore le rôle important que les femmes ont toujours joué dans la gestion des aliments. Au Kenya, par exemple, Oxfam a essayé de renforcer les rôles sociaux traditionnels en distribuant la nourriture directement aux femmes. La distribution se fait dans un lieu ouvert, et est supervisée par un comité élu d'anciens. Les femmes sont encouragées à donner leur avis sur ce qui se fait. Ce type de distribution se poursuivra jusqu'à ce que l'offre alimentaire locale s'améliore.

Eau et combustible

Les femmes réfugiées et déplacées n'ont souvent qu'une quantité limitée d'eau et de combustible pour cuisiner. Parfois, il faut aller chercher de l'eau et du combustible à l'extérieur du camp, dans une zone dangereuse. De plus, l'eau peut être sale et rendre malades ceux qui la boivent. Ces conditions rendent la vie des femmes difficile, parce que ce sont elles qui sont chargées de laver et de cuisiner pour leur famille et elles-mêmes.

3 femmes marchent ensemble en portant des fagots de bois et des haches

Quelques conseils :

  • Apprenez à purifier votre eau.
  • Demandez aux organismes qui apportent de l’aide de fournir des récipients à eau qui ne sont pas trop lourds à porter.
  • Demandez aux responsables de patrouiller les lieux de collecte de l'eau et du combustible pour s'assurer que ces endroits restent sûrs et que les femmes peuvent s'y rendre. Quand vous allez chercher de l'eau ou du combustible, allez-y avec d'autres personnes.

Protection contre les violences sexuelles

La violence sexuelle est une violation des droits humains

Les viols et la violence sexuelle sont courants à l’occasion des déplacements forcés :

  • les gardes, les autorités gouvernementales, et les travailleurs exigent parfois des faveurs sexuelles en échange de nourriture, de protection, de documents officiels, et autres formes d’assistance.
  • si l’endroit est surpeuplé, les femmes sont parfois obligées d’habiter avec des étrangers, ou même avec des gens qui ont été leurs ennemis. Les femmes qui vivent avec des étrangers sont plus exposées au danger de violences sexuelles.
  • les réfugiés hommes, qui ont perdu les avantages qu’ils avaient chez eux, finissent souvent par vivre dans la colère et l’ennui, attitude qui s’aggrave quand ils voient que les femmes ont de nouvelles responsabilités. Comme les hommes ont souvent des armes avec eux, ils peuvent devenir violents envers elles. Cela arrive plus fréquemment si les hommes consomment de l’alcool ou des drogues.
  • les gens d’une communauté voisine peuvent attaquer le camp.


Il y a plusieurs façons de prévenir les agressions :

une femme parle à 2 compagnes, alors qu’elles marchent vers des latrines éloignées
II faudrait que les latrines soient plus proches du camp. Il est dangereux d'y aller seule après la tombée de la nuit.
  • Les femmes devraient essayer d’habiter avec des parents ou des amis. Les femmes célibataires et les jeunes filles devraient vivre dans un endroit sûr, séparées des hommes.

Vous risquez d’être attaquée si vous avez à marcher de longues distances pour trouver de la nourriture, de l’eau, du combustible, ou pour utiliser les installations sanitaires.

  • Les hommes qui n’ont pas grand-chose à faire devraient être encouragés à commencer des activités de formation professionnelle, du sport, ou des activités culturelles.
  • Les femmes devraient être directement responsables de la distribution des ressources essentielles, comme la nourriture, l'eau et le combustible, pour ne pas avoir à négocier la possibilité de satisfaire leurs besoins fondamentaux.
  • Le camp devrait être organisé de sorte que les latrines et les autres équipements de base soient proches et bien éclairées. Les femmes devraient aussi exiger de recevoir plus de protection pendant la nuit, y compris la présence de gardes qui soient des femmes.
  • Essayez d’organiser des réunions rassemblant hommes et femmes pour discuter de la prévention des violences sexuelles. Assurez-vous que tout le monde comprend les dangers impliqués. Le thème de la protection contre la violence peut aussi être discuté à l’occasion d’autres programmes, comme des causeries sur la santé et la nutrition.
  • Demandez des informations sur l’abus d’alcool et de drogues.


Si vous avez été attaquée :

  • Demandez immédiatement à une soignante de vous faire un examen physique. Vous pourrez peut-être prévenir une grossesse et des infections sexuellement transmissibles (IST), y compris l'infection à VIH, en prenant des médicaments. Si vous êtes enceinte, assurez-vous de discuter avec un soignant de TOUTES les possibilités qui existent dans ce cas — avortement, adoption, ou garde du bébé.
  • Si vous pensez qu’il n’y a pas de danger à le faire, signalez l’agression. Les autorités seront obligées de faire une enquête. Rappelez-vous que vous n’êtes pas, vous, obligée de répondre aux questions auxquelles vous ne voulez pas répondre, surtout si elles concernent votre vie sexuelle en dehors de l’incident.
  • Parlez de ce qui s’est passé avec un personnel de santé mentale qualifié. Cela vous aidera à comprendre que vous n’êtes absolument pas en faute dans cette agression, et que beaucoup d’autres personnes ont réussi à surmonter ce genre d’expérience. Si vous ne trouvez pas de personnel spécialisé en santé mentale, lisez le chapitre « Santé mentale ».
  • Dans certaines cultures, on considère que le viol signifie l’incapacité de la femme à protéger sa virginité, ou la dignité de son mariage. Si votre famille est fâchée contre vous ou a honte de vous, elle devrait aussi recevoir du counseling.
  • Si c’est possible, envisagez de déménager dans un endroit plus sûr, loin de votre agresseur. Demandez que votre famille et vos amis viennent avec vous, si c’est ce que vous voulez.



Cette page a été mise à jour : 13 juin 2019