Hesperian Health Guides

L’accès aux soins de santé est un droit pour tous

Des soins de santé appropriés permettent d’éviter que le handicap ne s’aggrave. Ils permettent aussi d’éviter des problèmes de santé causés par le handicap. Traité un problème bénin, au moment opportun—tel que traiter une escarre de décubitus causée par le fait d’être assis ou couché longtemps dans la même position —empêche le mal de devenir une menace à la vie.

une femme utilisant le langage de signes.
Nous devons promouvoir le bien-être à travers une alimentation saine, une activité physique, des soins de santé reproductive, et la prévention et le traitement des problèmes de santé. Nous devons aussi changer nos conditions de vie afin de contrôler notre propre santé.
une femme qui parle.
En Thaïlande, on paie moins d’un 1$ US pour les soins médicaux dans les hôpitaux publics.

Les centres de santé doivent être accessibles à toutes les femmes handicapées, quel que soit leur statut social. Les soins de santé appropriés incluent des services de santé gratuits ou à moindre coût, une assurance santé, ou l’accès aux financements afin de payer les soins de santé, et des moyens de transport en commun accessibles. Cela est particulièrement important pour les femmes qui sont isolées ou qui sont pauvres.

une femme aveugle palpant son sein en réfléchissant.
Je sais que cette boule peut s’avérer dangereuse. Mais que puis-je faire ? Les médicaments sont très chers et la clinique est très loin. En plus de cela, tout le monde se moquera probablement de moi.

La pauvreté et la santé

Les politiques économiques et commerciales mondiales ont favorisé plus de pauvreté, moins de ressources pour les soins de santé, et des inégalités sociales entre les populations. Ces inégalités ont rendu l’accès aux soins de santé difficile pour les femmes elles- mêmes et pour leurs familles. Les coûts des soins de santé constituent une autre barrière. Il existe aussi des barrières financières, tel que le coût des médicaments et du déplacement qui rendent l’accès aux services de santé difficile.

une femme qui parle.
Quel est l’importance du bilan de santé ? Même si la consultation est gratuite, les médicaments ne le seront pas. Ma famille ne peut plus se permettre d’acheter un autre médicament pour moi.

Il est difficile pour les femmes handicapées d’avoir accès aux soins de santé. Dans la plupart des pays africains par exemple, une seule personne handicapée sur cent a accès aux services de santé dont elle a besoin. En plus du manque de services et d’infrastructures, il y a le coût, la distance, les barrières physiques et les attitudes néfastes. Même lorsqu’une femme a de l’argent, les services de santé disponibles sont rarement appropriés aux besoins sanitaires des femmes handicapées, en particulier leur besoins en santé reproductive.

Le Nigeria brise les barrières

Ekaete Judith Umoh vient de la riche région pétrolière du Delta du Niger au Nigeria et est une rescapée de la poliomyélite. A présent, elle est parfois appelée "Mama Mainstream," à cause de son insistance sur le fait que tous les programmes de santé prennent en compte les filles et les femmes handicapées sur tous les plans de la planification et des services du programme. "Celle qui porte les chaussures sait où ça fait le plus mal, «dit Ekaete. "Nous sommes des femmes et nous méritons aussi les autres services fournis aux autres femmes au sein de la société."

En 2000, Ekaete a créé the Family-Centered Initiative for Challenged Persons (FACICP), une organisation non-gouvernementale qui travaille pour le respect des droits et des besoins des personnes handicapées, notamment les femmes et les filles dans tous les programmes de santé et de développement.


une femme handicapée discutant avec un groupe d’autres femmes handicapées.
Nous sommes des femmes et nous méritons tous les avantages dont bénéficient les autres femmes dans la société.

Le FACICP à travers son projet ‘Health Care Without Barriers’ met l’accent sur l’inclusion des besoins d’accès et la participation des femmes handicapées dans le secteur de la santé. "Le but du projet," élaboré par Ekaete, "est d’offrir des services de prise en charge en santé reproductive, y compris des informations sur le VIH/SIDA aux femmes handicapées. Nous sommes sur le point de traduire des informations sur la santé reproductive en braille pour les femmes aveugles, et nous tenons maintenant des rencontres mensuelles pour parler de l’éducation sexuelle, plus précisément des cas de grossesses, de responsabilité parentale et de handicap."

FACICP travaille aussi en partenariat avec la Société pour la Santé Familiale (SSF), une organisation qui offre une formation sur les problèmes de santé des femmes. "SSF a donné son accord pour nous inviter à tous ses programmes de formation et ateliers afin de promouvoir la sensibilisation sur les besoins sanitaires des femmes handicapées," nous raconte Ekaete. FACICP travaille avec SSF afin de s’assurer que les ateliers soient tenus dans des endroits accessibles avec des fauteuils roulants, et que les échanges soient traduits en langage des signes, donc les femmes sourdes peuvent également participer. Avec la formation de la SSF, les femmes handicapées peuvent devenir des éducatrices sanitaires dans leurs communautés.

Ekaete et ses collègues demandent aux gouvernements, aux organisations multilatérales, et à la société civile de commencer à utiliser "l’optique des personnes handicapées" dans toutes leurs activités de développement. Ils ont proposé, par exemple, que la Banque Mondiale finance les projets prenant en compte la formation, l’assistance technique, les consultations, les financements de projets et la distribution des ressources matérielles pour les personnes handicapées. Cela garantira que les droits et les besoins sanitaires des personnes en situation de handicap constitueront toujours une priorité et ne seront pas oubliés. Comme nous l’a rappelé Ekaete, "les personnes handicapées sont partout, et ont les mêmes droits et les mêmes privilèges que tous les citoyens de la communauté."




Cette page a été mise à jour : 07 août 2020