Hesperian Health Guides

Avortements sécurisés et avortements non sécurisés

Pour une femme, un avortement bien pratiqué présente moins de risques que d’avoir un bébé.

Un avortement est sécurisé quand il est pratiqué :
  • par un soignant compétent et expérimenté ;
  • avec les instruments corrects ;
  • dans de bonnes conditions d’hygiène. Tout ce qui va entrer dans le vagin et l’utérus doit être stérile (sans microbes) ;
  • jusqu’à 3 mois (12 semaines) après les dernières règles.
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Sur 100 000 femmes qui auront un avortement sécurisé, 1 seulement en mourra.
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Mais sur 100 000 femmes qui auront un avortement non sécurisé, entre 100 et 1000 en mourront.
Un avortement n’est pas sécurisé quand il est pratiqué :
  • par quelqu’un qui n’a pas été formé pour le faire ;
  • avec les mauvais instruments ou médicaments ;
  • dans de mauvaises conditions d’hygiène ;
  • après 3 mois (12 semaines) de grossesse, sauf s’il est fait dans un centre de santé ou un hôpital qui est spécialement équipé.

Les morts causées par des avortements non sécurisés

De par le monde, 46 millions d’avortements sont pratiqués chaque année. Les femmes survivent à la plupart d’entre eux, même à ceux qui ne sont pas légaux. Mais les avortements non sécurisés peuvent causer la mort, ou des complications, comme une infection, des douleurs qui ne siaparaissent pas, et la stérilité (ou infertilité).

Depuis toujours, les femmes cherchent à trouver des moyens pour faire cesser une grossesse quand elles sont désespérées. N’utilisez surtout pas les méthodes suivantes. Elles sont très dangereuses.

Évitez les avortements non sécurisés. Essayez d’éliminer les grossesses non voulues avant d’être enceinte.

  • Ne pas mettre de choses pointues comme des bâtons, du fil de fer, ou des tubes en plastique dans le vagin et l’utérus. Ces objets peuvent déchirer l’utérus et causer des saignements abondants (très forts) ou des infections.
  • Ne pas mettre d’herbes ou de plantes dans le vagin ou l’utérus. Celles-ci peuvent causer des brûlures ou de fortes irritations, et d’autres dégâts, comme des infections ou des saignements.
  • Ne pas mettre de substances comme de l'eau de Javel, de la lessive, des cendres, du savon, ou du kérosène dans le vagin ou dans l'utérus. Ne pas non plus les boire.
  • Ne pas prendre des médicaments ou des remèdes traditionnels (soit par la bouche, soit dans le vagin) en grandes quantités pour provoquer un avortement. Par exemple, le fait de prendre trop de médicaments contre la malaria (chloroquine), ou ceux qu’on donne pour arrêter les saignements après l'accouchement (ergométrine, ocytocine) peut vous tuer avant de provoquer un avortement.
  • Ne pas se donner de coups dans le ventre ou se jeter dans les escaliers. Ceci peut vous blesser et causer des saignements à l’intérieur de votre corps, sans provoquer d’avortement.

IMPORTANT ! Ne jamais rien mettre à l'intérieur de l'utérus vous-même, ou permettre à une personne qui n’a pas de formation médicale de le faire. Cela pourrait vous tuer.

L’accès à un avortement sécurisé

Quand une femme doit faire face à une grossesse non voulue, elle devrait pouvoir accéder à un avortement sécurisé et légal. Mais les lois sur l’avortement diffèrent d’un pays à l’autre.

Même si l'avortement est illégal, une femme peut généralement obtenir une aide médicale si elle a des complications après un avortement. Il est souvent difficile de faire la différence entre un avortement et une fausse couche, à moins que quelque chose ait été laissé dans l'utérus pendant l’avortement.

L’avortement légal. Quand l’avortement est légal, toute femme peut aller dans un centre de santé ou un hôpital, payer un certain montant, et se faire avorter dans des conditions sécurisées. Dans les pays où c’est le cas, il n’y a pratiquement pas de femmes qui tombent malades ou qui meurent de complications de l’avortement.

L’avortement légal dans certaines situations. Dans certains pays, l’avortement n’est légal que pour certains cas, par exemple :

  • si la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste (rapport sexuel avec un membre de la famille proche).
  • si un docteur déclare qu’une grossesse serait dangereuse pour la santé de la femme.


Mais il est souvent difficile d’obtenir un avortement, même dans ces cas-là. Les médecins et soignants peuvent ne pas bien connaître la loi. Ils peuvent ne pas vouloir pratiquer d’avortements ouvertement, ou demander beaucoup d’argent. Les femmes elles-mêmes peuvent ne pas savoir si l’avortement est légal ou accessible dans leur pays.

L’avortement illégal. Quand l’avortement n’est pas légal, les femmes qui se font avorter et les personnes qui pratiquent les avortements peuvent se faire arrêter. Dans la plupart des cas, cela n’arrive pas. Mais là où l'avortement est interdit par la loi, davantage de femmes meurent des suites d’un avortement non sécurisé ou d’une grossesse à risque. L'argent qui pourrait être dirigé vers les services de santé féminine est dépensé pour le traitement des complications d'avortements non sécurisés.

Ne faites pas la supposition que l’avortement est illégal là où vous vivez. Essayez de vous informer sur les lois de votre pays. Il peut être plus facile de passer à côté de ces lois que d'essayer de les changer. Même si l'avortement est illégal, il peut y avoir des personnes qui pratiquent des avortements sécur. Trouver un moyen de se faire avorter dans de bonnes conditions peut faire la différence entre rester en vie et mourir.