Hesperian Health Guides

Pourquoi la femme maltraitée reste-t-elle avec l’homme qui la maltraite ?

Quand nous demandons : « Mais pourquoi est-ce qu’elle ne part pas ? », c’est comme si nous pensons que la violence est le problème personnel de la femme, et qu’elle doit le résoudre elle-même. En réalité, c’est toute la communauté qui doit être responsable de la santé et du bien-être de chacun de ses membres.

deux femmes discutent ensemble, sans voir une femme qui se tient derrière un mur, l’air triste

Elle devrait essayer de ne pas le mettre tellement en colère
Mais pourquoi est-ce qu’elle ne le quitte pas ?
Ici, c’est chez moi. Je ne veux pas partir, je veux seulement qu’il arrête de me battre. Et puis où est-ce que j’irais ? Il me tuerait d’abord !


« Pourquoi reste-t-elle ? » : c’est en général la première question que posent les gens quand ils entendent parler d’une femme que son compagnon brutalise. Beaucoup de raisons font qu’une femme puisse choisir de rester avec un homme qui la bat. Par exemple :

  • la peur et les menaces. L’homme lui a peut-être dit : « Je te tuerai, je tuerai les enfants, je tuerai ta mère…si tu essaies de t’en aller ». La femme pense qu’en restant, elle fait ce qu’il faut pour protéger les autres et se protéger elle-même.
  • elle n’a ni argent, ni endroit où aller. C’est surtout le cas quand l’homme a eu tout le contrôle de l’argent du ménage, et a empêché la femme de voir sa famille et ses amis.
  • elle n’a aucune protection. Il est possible que rien ne puisse effectivement empêcher l’homme de la poursuivre et de la tuer.
  • la honte. La femme pense que, d’une manière ou d’une autre, c’est elle qui est responsable de la violence de son mari, ou qu’elle la mérite.
  • croyances religieuses et culturelles. La femme pense que c’est son devoir d’épouse de maintenir le mariage, quel que soit le prix qu’elle aura à payer.
  • l’espoir que les choses vont changer. La femme aime son mari et veut que leur relation continue. Elle pense qu’il y a une manière de faire cesser la violence.
  • elle se sentirait coupable de priver les enfants de leur père.

Mais la bonne question à poser serait peut-être : « Pourquoi est-ce qu’il ne part pas, lui ? ». Si on se demande pourquoi est-ce qu’elle ne part pas, on sous-entend que c’est un problème personnel, qu’elle doit résoudre, elle. Il est faux de penser que la violence est un problème qui repose uniquement sur les épaules de la femme.

  • C’est la communauté entière qui doit être responsable de la santé et du bien-être de chacun de ses membres.
  • C’est l’homme qui commet un délit en violant le droit qu’a la femme de vivre sans qu’on la batte, ou qu’on la tue. Les actions de l'homme doivent être dénoncées, et empêchées.